Et cette voix qui le fait se languir, qui fait jaillir de cette nuit un rideau moiré de lumière. Il sent ses propres envies mollir, tandis qu'une nouvelle force s'exhibe toujours plus longtemps, plus intensément, plus dangereusement au sein d'entre elles. Non, il ne se retiendra pas cette fois ci. Il le laissera prendre le dessus sur tout le reste, ce sinistre besoin de détruire pour se sentir vivre, ce désir ardent de répandre le chaos tout autour de lui.
Car il est des fois plus commun de se retenir que d'agir selon ses propres instincts, de suivre sa propre liberté, la laisser émaner coûte que coûte, quel que soit le prix à payer. Car ces individus que l'on se permet de traiter de fous, qui agissent expertement selon leurs propres principes, qui commettent fautes inexpiables et cruels péchés, qui transgressent sans foi ni loi les préceptes autrefois établis. Voilà la raison de son agissement, voilà pourquoi il ne restera plus prisonnier de lui-même alors que son âme toute entière le supplie de s'adonner à ces joies encore inconnues.
Voilà qu'il se laisse devenir sa propre marionnette, se jouant des fils et autres manipulations, véritable pantin enragé. Jusqu'à n'en plus pouvoir il se laisse guider, jusqu'à n'en plus pouvoir il la laisse le dominer sans autre excuse que celle d'exister. Ce soir sa soif excessive de violence lui échappe, la raison met un genou à terre et s'incline, lui permettant de jouir éperdument de cette renaissance.
Cette joie, cette lancinante satisfaction. Cette plénitude éprouvée pour la première fois, ce qui à peine quelques heures plus tôt lui était encore inconnu. Je me joue d'un personnage, laissant paraître la lumière là où l'obscurité la ronge, chaque fois plus. Mais pour autant, quel intense plaisir que de s'en laisser devenir la frêle victime, alors qu'au fond, l'on s'en sait maître. Un jeu qui n'a pas de fin, ni de commencement, un jeu qui au fond n'en est sûrement pas un, dont on devient simple témoin sans armes, puis véritable spectateur, avant d'y prendre enfin part. J'ai toujours préféré qu'il n'y ait pas de sens, cependant il est la plupart du temps nécessaire, dans les actes, ce sens, jusque dans sa sainte et propre miséricorde que l'on entend posséder. Mais je ne le suis pas, miséricordieux, je préfère admirer l'incubation de toute une haine plutôt que de me faire raison quant à tel ou tel autre agissement.
Et toi, je te hais.

![Il y a de ces après-midi [...]](http://c4.img.v4.skyrock.net/c48/laberwrachparano/pics/1909192071_small_1.jpg)

