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Résumé du texte de P. Murray, Après l'Histoire. Vol 1, Les Belles Lettres, 1999 (p.13 à19)

Résumé du texte de P. Murray, Après l’Histoire. Vol 1, Les Belles Lettres, 1999 (p.13 à19)



Titre : La civilisation hyperfestive, signature d'un monde nouveau qui s'auto émule.


De nos jours, la société se pare à tout grief auquel elle n'aurait pas songé. Ainsi, elle crée ses propres protestataires et surtout les met en relief, en vue de devenir maître de la situation. Ces harkis vont donc à l'encontre même de la liberté.

Plus globalement, c'est en incorporant ses propres contradictions en son sein que la civilisation vise à la plus irréprochable des dominations. En se faisant l'instigatrice de ces contestations, qu'elle a désormais apprivoisées depuis bien longtemps, la civilisation actuelle souhaite empêcher les authentiques critiques de naître d'elles mêmes.

Cependant, bien que la civilisation naissante se veuille la protectrice des actions ayant pour but de saper les valeurs et institutions établies, elle ne soutient qu'un ensemble de critiques analogues, ce qui laisse les véritables objections identifiables.

La raison pour laquelle je qualifie cette civilisation d'hyperfestive est que l'innovation dont elle fait preuve requière des termes neufs qui puissent décrire ce trait de caractère. Son examen ne peut quant à lui s'appuyer que sur d'anciennes méthodes d'étude, vides de toute illustration puisque décrivant quelque chose de nouveau. De prime abord, l'étrangeté de l'examen prévaudra sur le reste, jusqu'à ce que le temps atteste de sa véracité.

Cette civilisation dite hyperfestive introduit le règne de la festivisation soutenue en tant que travail. Ce règne rompt avec toute autre forme de festivité, telle qu'a pu l'être la « civilisation des loisirs ». De même, il s'agit désormais d'une hyperfestivité inclusive dont l'incessant exercice amène la société à perpétuellement évoluer. C'est ainsi qu'elle fait de la fête l'essence même de la société. Les répercussions de cette évolution sont multiples. Nombre de festivités plus abracadabrantes les unes que les autres émergent, à l'image de la Mairie de Paris qui, à la veille de l'an 2000, proposera à la population de voir la Tour Eiffel pondre un gigantesque oeuf.

Quoi qu'il en soit, il suffit parallèlement de dévoiler ce qu'il en est des caractéristiques les plus turpides de cette civilisation pour ne plus rien y saisir, mais aussi pour préparer tout un chacun à vivre dans cette nouvelle société. Halloween n'est pas une fête ancrée dans la culture française mais a aujourd'hui pris une place colossale en France. Elle contribue à l'instauration de cette civilisation où la forme supplante le reste, laissant libre les grands industriels d'en faire ce qu'ils souhaitent.

Dorénavant, l'expansion du caractère festif de la civilisation lui a ôté toute singularité à ses festivités. Ainsi, la plaisanterie qui autrefois était la marque du plaisir devient celle de la victime de cette nouvelle société. L'individu évolue dans une civilisation où il lutte par nature, et dans laquelle il n'a donc pas à justifier son combat, sans qu'il existe une quelconque finalité à cela. Ainsi, l'Eglise hyperfestive dicte la conduite à suivre, et selon laquelle aucun sacrilège n'est admissible. Tout comme la civilisation est théologiquement venue de rien, la festivocratie, elle, vient après tout.

La perte d'utilité que connaît l'individu dans un monde qui se désagrège et connaît les pires horreurs a accru son angoisse à un tel point qu'il est maintenant nécessaire d'équilibrer la balance de ses ressentiments. C'est ici que le régime hyperfestif apparaît comme le poids idéal afin de faire face à l'affaissement du nombrilisme général. En usant massivement d'une certaine gratitude, loin de ce qu'a pu être la gloire apportée par la bravoure, alors l'équilibre se voit rétabli. Il s'exprime alors un amour-propre moutonnier.

De cette façon, la fête devient le moyen d'entériner ce sentiment d'orgueil, donc cette civilisation hyperfestive, mais aussi de faire des citoyens une seule et unique divinité. C'est ce même sentiment qui fut le pourfendeur de l'Eglise, et fit naître de ses cendres le panfestivisme. De même que l'hyperfestivité de la civilisation avale toute forme de fêtes, ce panfestivisme absorbe tous les cultes, ne leur permettant plus d'entrer en conflit les uns avec les autres. La religion se plie donc aux exigences de cette nouvelle civilisation.

A travers les nouvelles revendications festives de certaines personnes pour des fêtes toujours plus colossales, il faut voir le devoir de toute bienséante personne au sein de cette nouvelle société, que j'appelle empiriquement l'Homo festivus.

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# Posté le samedi 21 février 2009 15:34

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