Way of compensating

Way of compensating


L'ignare feint-il ? – Oui, il joue sa pièce.
Sa pièce ? – Non, l'instant présent.


Volupté des sens, affranchis de la volonté, de son emprise, de son despotisme.


« Tonight, I'm gonna rest my chemistry. » Interpol


Feux d'artifice au plus profond de l'obscurité, il s'attelle à la tâche. Elle le tient en haleine, et lui la poursuit, mais ne l'atteint pas, ne l'accomplit pas, plonge dans l'infini. Une course à sa rencontre, en somme.

On pense son âme robuste, forte et fière, et l'on se trompe. Elle est frêle, fragile et délicate. Le souffle chaud, le souffle court, et se rendre compte de l'ineptie de ses pensées.

Jouer des mots, se jouer du beau et chercher à maîtriser l'indomptable désir, l'insaisissable, se sentir l'essence même de la pleonexia humaine.

On se perçoit créateur, et l'on se rend compte que nous ne sommes que fluctuante matière, sauve de toute récidive puisque trop incertaine, « We're wasting memory, when our mind is frozen. » Celdweller


Et l'on ressent cet effet, celui qui ressemble à ce vent coulis, tordant, mais à l'intérieur de la chair.

Et l'on poursuit notre course, contre le temps, au travers de ces caillouteux chemins de traverse ; que la lumière passe, j'attends.

Rien d'autre pour le faire changer, « she's back, now she's gone, so far after so long ». Blackfield


Déguiser sa propre pensée, embrasser l'irrationalité ; et qu'on lui accorde la grâce, lasse, qu'on l'embrasse même, sa plainte.


« One last trip makes us wanna go back
To the place that we belong,
'Cause there ain't no way,
To take all the blame
From the crash of coming down
.
» Bang Gang


Et que ses peurs le trahissent, qu'elles affûtent ses angoisses et l'agonisent post mortem d'injures, qu'elles s'offrent à sa perte comme il n'aura eu de cesse de s'offrir à elles.


« That's like a disease, piece by piece. » Feeder

Enfin l'échappée, enfin la nouvelle conquête, enfin la liberté.

« (...) A heart, ticking like a time-bomb. » Kill Hannah


Et j'étendrai mes mains à ses côtés, pour qu'ainsi se passe le temps, dans un dernier soupir s'éteigne le temps, le temps qu'il l'ait bue, la ciguë.



# Posté le jeudi 19 mars 2009 08:46

Modifié le mardi 24 mars 2009 17:25

"Je vois le Bien, je veux le faire et je fais le Mal. Je vois le Mal que je fais, et pourtant je veux faire le Bien." St Paul

"Je vois le Bien, je veux le faire et je fais le Mal. Je vois le Mal que je fais, et pourtant je veux faire le Bien." St Paul

...

Il est de ces fois où je me vois respirer, lorsque l'air se veut rare et que la flamme de ma bougie tend à vaciller. Je ne suis pas l'un de ceux qui sollicitent cette émotion, non, son authenticité ne peut résulter que de son prompt caractère, celui qui la fait jaillir soudainement sans que l'on n'y soit préparé. Et c'est à cet instant, seulement, que l'on éprouve son immensité, que l'on se libère de son soi astreignant, que l'on se meut, s'émancipant de tout obstacle. Jusqu'à ce que l'adrénaline ne nous ait libérés de ces bracelets, nous nous voyons enclins à endurer ce que l'on nomme communément catalepsie, hypnotisés par une énergie sans corps, foudroyés par une force transcendante. Cet instant de débilité, nous ne pourrions nous en affranchir, car il est de ce qui nous amène à connaître l'éclatante vérité. Trop peu savent ce que nous sommes véritablement, et pourtant trop nombreux sont ceux qui arguent de leur soi disante connaissance pour soutenir de nébuleuses théories. Cette sensation n'embrasse aucun équivalent, ainsi la pénurie dont elle est l'essence, et qu'elle se permet d'infliger à l'homme, n'en est que plus douloureuse. Les précieuses personnes qui l'ont appréciée en sont devenus les humbles sujets, et toutes ne pourraient que s'humilier si elle venait à reparaître en leurs âmes. Telle est la condition que je supporte en ces instants.

Titius.

...

# Posté le lundi 02 mars 2009 15:00

Résumé du texte de P. Murray, Après l'Histoire. Vol 1, Les Belles Lettres, 1999 (p.13 à19)

Résumé du texte de P. Murray, Après l’Histoire. Vol 1, Les Belles Lettres, 1999 (p.13 à19)



Titre : La civilisation hyperfestive, signature d'un monde nouveau qui s'auto émule.


De nos jours, la société se pare à tout grief auquel elle n'aurait pas songé. Ainsi, elle crée ses propres protestataires et surtout les met en relief, en vue de devenir maître de la situation. Ces harkis vont donc à l'encontre même de la liberté.

Plus globalement, c'est en incorporant ses propres contradictions en son sein que la civilisation vise à la plus irréprochable des dominations. En se faisant l'instigatrice de ces contestations, qu'elle a désormais apprivoisées depuis bien longtemps, la civilisation actuelle souhaite empêcher les authentiques critiques de naître d'elles mêmes.

Cependant, bien que la civilisation naissante se veuille la protectrice des actions ayant pour but de saper les valeurs et institutions établies, elle ne soutient qu'un ensemble de critiques analogues, ce qui laisse les véritables objections identifiables.

La raison pour laquelle je qualifie cette civilisation d'hyperfestive est que l'innovation dont elle fait preuve requière des termes neufs qui puissent décrire ce trait de caractère. Son examen ne peut quant à lui s'appuyer que sur d'anciennes méthodes d'étude, vides de toute illustration puisque décrivant quelque chose de nouveau. De prime abord, l'étrangeté de l'examen prévaudra sur le reste, jusqu'à ce que le temps atteste de sa véracité.

Cette civilisation dite hyperfestive introduit le règne de la festivisation soutenue en tant que travail. Ce règne rompt avec toute autre forme de festivité, telle qu'a pu l'être la « civilisation des loisirs ». De même, il s'agit désormais d'une hyperfestivité inclusive dont l'incessant exercice amène la société à perpétuellement évoluer. C'est ainsi qu'elle fait de la fête l'essence même de la société. Les répercussions de cette évolution sont multiples. Nombre de festivités plus abracadabrantes les unes que les autres émergent, à l'image de la Mairie de Paris qui, à la veille de l'an 2000, proposera à la population de voir la Tour Eiffel pondre un gigantesque oeuf.

Quoi qu'il en soit, il suffit parallèlement de dévoiler ce qu'il en est des caractéristiques les plus turpides de cette civilisation pour ne plus rien y saisir, mais aussi pour préparer tout un chacun à vivre dans cette nouvelle société. Halloween n'est pas une fête ancrée dans la culture française mais a aujourd'hui pris une place colossale en France. Elle contribue à l'instauration de cette civilisation où la forme supplante le reste, laissant libre les grands industriels d'en faire ce qu'ils souhaitent.

Dorénavant, l'expansion du caractère festif de la civilisation lui a ôté toute singularité à ses festivités. Ainsi, la plaisanterie qui autrefois était la marque du plaisir devient celle de la victime de cette nouvelle société. L'individu évolue dans une civilisation où il lutte par nature, et dans laquelle il n'a donc pas à justifier son combat, sans qu'il existe une quelconque finalité à cela. Ainsi, l'Eglise hyperfestive dicte la conduite à suivre, et selon laquelle aucun sacrilège n'est admissible. Tout comme la civilisation est théologiquement venue de rien, la festivocratie, elle, vient après tout.

La perte d'utilité que connaît l'individu dans un monde qui se désagrège et connaît les pires horreurs a accru son angoisse à un tel point qu'il est maintenant nécessaire d'équilibrer la balance de ses ressentiments. C'est ici que le régime hyperfestif apparaît comme le poids idéal afin de faire face à l'affaissement du nombrilisme général. En usant massivement d'une certaine gratitude, loin de ce qu'a pu être la gloire apportée par la bravoure, alors l'équilibre se voit rétabli. Il s'exprime alors un amour-propre moutonnier.

De cette façon, la fête devient le moyen d'entériner ce sentiment d'orgueil, donc cette civilisation hyperfestive, mais aussi de faire des citoyens une seule et unique divinité. C'est ce même sentiment qui fut le pourfendeur de l'Eglise, et fit naître de ses cendres le panfestivisme. De même que l'hyperfestivité de la civilisation avale toute forme de fêtes, ce panfestivisme absorbe tous les cultes, ne leur permettant plus d'entrer en conflit les uns avec les autres. La religion se plie donc aux exigences de cette nouvelle civilisation.

A travers les nouvelles revendications festives de certaines personnes pour des fêtes toujours plus colossales, il faut voir le devoir de toute bienséante personne au sein de cette nouvelle société, que j'appelle empiriquement l'Homo festivus.

Total mots : 739



# Posté le samedi 21 février 2009 15:34

Soirée Curu [ Vicious Delicious – Infected Mushrooms ]

Soirée Curu [ Vicious Delicious – Infected Mushrooms ]

Turkey is my toy, 4ever.

Notre longue pérégrination débuta avec l'obtention de places pour la soirée « Jeudi non au célibat ». Il nous fallait trouver le bâtiment B, perdu au milieu du complexe faqueux ; et pour mener à bien notre mission nous marchâmes des heures durant sous un soleil de plomb, jusqu'à ce que nous nous rendions à l'évidence, nous n'allions pas y arriver tout seul. Perdus en territoire hostile peuplé de féroces étudiants en droit, nous entrâmes dans le premier bâtiment qui s'offrit à nous : première rencontre avec l'autochtone. Plutôt sympa d'ailleurs, mou mais sympa. « Euhm, s'il te plaît, où donc se trouve le bâtiment B ? Moi et mon camarade aimerions nous y rendre dans la mesure du possible ! » Il nous répondit « Ca n'est point compliqué damoiseaux, il vous suffit pour cela de sortir de cet antre, et bien entendu de vous diriger vers la droite. » Facile. Jusqu'à ce que l'on se perde dans un second territoire hostile : un IUT, avec des chevaliers en croisade qui sortaient de tous les côtés, étrange, un rituel peut être. Lui, un chevalier en croisade donc, nous dit alors qu'il fallait nous diriger vers les terrains de football et voir dans l'environ. Nous fûmes conquis par cette impressionnante démonstration de géographie et nous remîmes de ce fait en route. Jusqu'à ce que l'on se rende compte que nous nous égarions à nouveau. Quel salaud ce bâtiment B, et surtout, la paranoïa reprit ses droits : ces étudiants ne cherchaient ils pas plutôt à nous faire tourner en rond, ayant devinés que nous ne faisions pas parti des leurs ? Se seraient ils passés le mot et auraient ils conclu un pacte visant à nous perdre ? Alors, lui prit son courage à six mains et l'accosta, elle, la fille blonde inconnue au manteau vert. Son charme, toujours le même, Tonio Delabrigado le manie comme personne, et là, il fit mouche. La jeune demoiselle y succomba et dérogea au pacte des vilains autochtones : elle nous dévoila tout ce qui nous intéressait, l'emplacement stratégique du tant convoité bâtiment B. « C'est gagné ! » hurlèrent ils en ch½urs. Arrivés aux alentours, nous fûmes alors surpris de remarquer qu'un imposant B ornait en fait le bâtiment devant lequel nous étions auparavant passés, enfin bon. Rendus au bureau de l'ACID, la chance nous sourit enfin « Oui, il reste encore des places... 12 en tout, il vous suffit de me donner vos noms et prénoms et la filière dans laquelle vous vous trouvez » Tonio Delabrigado ne put retenir sa rage et s'emporta « Pourquoi espèce de brigand veux tu savoir cela ? » Calme, aisé à l'oral, l'homme acidulé lui rétorqua de suite « Oh ! Nous ne sommes pas de la police, il s'agit tout simplement de récupérer ce genre de donnée pour, par la suite, nous permettre de faire des statistiques. » D'accord, la paix fut établie et nous regagnâmes notre carrosse -Golf Gti II modèle sport coupé , toute équipée (à l'époque)-, en possession de nos places pour ce qui s'annonçait être une soirée pour le moins expérimentale.

Retour à l'appartement, notre état se voyait être de plus en plus semblable à celui de deux gamines bourgeonnantes en crise : en effet, dans trois heures, nous nous retrouverions dans la wave estudiantine du Curu, envahi par des hordes de futurs juristes, jurés, juges, avocats, magistrats, défenseurs des droits, brigands en tout genre, et nous, au milieu, perdus dans l'inconnu. Et surtout, de quelle façon allions nous nous vêtir ? Multiples essayages, le modèle pingouin, le modèle jemenfous, le modèle dandy... Oui, mais alors : imaginons que la soirée en fait soit à thème « tout le monde en jogging », nous allions avoir l'air de... de rien, nous, en pingouins ! Pire, imaginons alors que nous nous rendions là bas, que l'on y voit des groupes de gens en jogging, alors nous reviendrions à l'appartement, on trouverait des trucs qui feraient jogging et bam bam nous repartirions pour la navette, mais si alors il ne s'agissait que d'une bande de joyeux lurons encapuchonnés qui se trouvaient là par hasard et non pas des véritables convives de la soirée « Jeudi non au célibat », eh bien voilà, il s'agirait d'une véritable loOse... Bref, très compliqué à clarifier tout ça mais au final : pas de pingouins à St Renan ! Aparté : « Pourquoi tu me mates comme ça bouffon ? » « Tu ressembles à mon chien ducon ! » Tadam & enjoy ! Suite à cette terrible altercation entre Mr Lova Lova et Tonio Delabrigado, ce dernier se saisit d'un couteau et là : HENDISH HENDISH HENDISH, il se mit à agiter son arme dans tous les sens, les yeux injectés de sang, « regarde, je te fais du 20 coups de couteau dans le ventre à la seconde ! » « Ah ouais ? Mais moi je les pare avec ma ruse de la porte ! » Fin de l'aparté : oh marhat ! Toutefois, la faim vint à se présenter à nos estomacs et nous dûmes alors nous préparer un véritable festin : des pâtes, parce que l'appart' à Lova Lova, c'est le royaume des pâtes, et quand on y mange, ce sont des pâtes, voilà tout ! Le tout agrémenté de « chocapik nesquik qui pik » les yeux, font pleurer et halluciner (avec ou sans pâtes d'ailleurs), Lova et Delabrigado étaient dans un autre monde, avant, pendant, après. Il convient de parler d'un épisode qui nous aura marqué : « Et les assiettes, chéri, où sont elles ? » « Placard gauche, en haut, rouge comme notre amour bébé» « Hé, chut, m'appelle pas comme ça... Tsss » Vu à la télé, imaginé, nous n'en savons trop rien, mais les concordances avec les caractéristiques de la cuisine du Dourjacq nous semblent fortes mystérieuses... « Eh Tony Montana, pourquoi Jeudi non au célibat ? » « Bien, parce que Sam n'est pour l'instant pas encore maqué, du coup Samedi non au célibat marche pas... Tu vois là galère mec ?! » « Vache t'es balèze... » Top départ pour les navettes.

21h -10, recherche de la navette, mais où sont les rus des droits ! On appelle un informateur, Monsieur Gap&Stop et lui « Bah, y'en a trois des rus ! » nous « Ouais bah on s'en branle un peu qu'il y en ait trois, c'est lequel celui des droits ?! » Du coup, il (toujours l'informateur) descendit de sa tour de contrôle et nous indiqua le ru devant lequel nous étions, à quelques mètres, simplement elle ne fit que corroborer les propos d'une gentille jeune fille au joli fourgon mal garé. Comme il s'agissait de la première navette, nous choisîmes d'attendre un peu et de rejoindre la tour de l'informateur, où se trouvait Mlle ConstitutionSansLeSou & Jolly. En effet, le premier piège à éviter était de se retrouver coincés dans une navette, pris entre deux feux, coincés donc entre deux groupes d'une vingtaine d'étudiants tous plus liés les uns aux autres, chantant à l'avant et à l'arrière, joyeux, heureux, et nous, au milieu, comme deux véritables clampins, isolés, apeurés et perdus en territoire pas encore ami... stratégiquement, nous étions bons. Donc retour à la tour de contrôle : « Vache, il est petit ton appart', je préfère carrément le mien... » « Désolé d'avoir un appart'... » Enjoy ! Bref, sans trop tarder, nous quittâmes rapidement la cabane enfumée et vignassée, perdant donc Jumper, Jolly Jumper qu'on disait dans le temps, et Mlle CodeCivilPasDeThunes, pour nous rendre au point de rendez vous pour la méga party « Jeudi non au célibat ». Une navette, deux navettes, trois navettes... hop hop hop, on prend la dernière –forcément, y'a moins de gens dans la dernière, et sociables comme nous sommes, c'était plutôt à notre avantage-, le point de non retour, plus moyen de reculer... Mr Lova Lova et Tonio Delabrigado allaient encore filer un mauvais coton.

22h15, damned, nous arrivions enfin au Curu après un trajet des plus longs. Après avoir moult fois remercié notre chauffeur, nous nous dirigeâmes vers l'entrée, pour patienter une bonne vingtaine de minutes dans le froid... Néanmoins, pas après pas, nous avancions et finalement, nous réussîmes à fouler le seuil et à nous retrouver devant ce bon vieux gaillard déboucheur de toilettes et voleur de pass VIP « Jeudi non au célibat ». (Il nous rappela à l'occasion ce bon vieux Max The Hard Doorbreaker, en référence à l'un des premiers articles acculé au mur face au Dsavd) Soudain, Magloire nous apparut, toujours aussi stylé le bonhomme, toujours aussi gai, puis s'adressa à Delabrigado « Quelle couleur le bwaslé ? » « Euh, c'est-à-dire que je me tâte m'sieur... » et lui de rétorquer « Okay, ce swa du jaune pour twa. » A son tour Lova Lova se présenta face à lui « Yep, moi je suis surtout open ce soir... » « Pas de pwoblèmes, du bleu » Puis il frappa violemment les deux baguettes fluorescentes sur un comptoir avant de nous les serrer comme des menottes. Force bleue, force jaune, let's go, c'est parti les amis (Dooooooorah, ou Zoooooorah, bref !)... deux mètres plus loin pour le vestiaire. Et là, enfin, les deux hommes purent s'aventurer au sein même du fabuleux Manoir du Curu. Pour Tonio, ce fut la plus belle découverte de la journée, Lova connaissait déjà les lieux. Go to the comptoir, et première rencontre, un acrobate danseur bien accompagné pour le coup, vieille connaissance de Lova qu'il était, celui-ci oublia d'ailleurs de présenter Delabrigado à l'artiste. Tant pis, il ne lui en voudra pas... plus au bout de quelques semaines. Le bar s'offrit à notre vue, premier contact avec le monde liquide de la soirée : un punch, avec un délicieux morceau d'orange, imbibé de rhum. Sans trop s'attarder, ils s'attaquèrent à un whisky coke avec rage et férocité, ce fut l'occasion de sortir découvrir le jardin, très bel atout de ce paradis de la nuit. Retour aux environs de l'open bar, nous venions d'ailleurs de trouver la Prettymouth, cela faisait pratiquement deux ans qu'aucun contact visuel n'avait pu être établi entre les deux jeunes hommes et cette très charmante demoiselle. Puis alors qu'ils dévoraient tout deux quelques centilitres de bière, Lova découvrit, derrière une pléiade de personnes son ancien camarade d'internat, Elmert Mole, alors qu'ils étaient encore en études des Sciences de l'espionnage en Sibérie Orientale. Un long bavardage s'ensuivit, notamment à propos de l'étrange état dans lequel avait fini Elmert la dernière fois en ces mêmes lieux. Les esprits commençaient à se retrouver embués par les chaudes vapeurs d'alcools, rares étaient ceux qui pouvaient se prétendre soft de tout vice. Même la Pawed Female au bracelet bleu devint une fille de la mafia, accompagnée de multiples gardes du corps à la musculature étrangement développée. Nous retrouvâmes à plusieurs reprises Mlle Prettymouth escortés par ses deux gardiens auxiliaires -que les adulateurs de Platon se retrouvent dans ces dires-, jusqu'à cette énième rencontre, la bande à Grand Corps Malade et à MortDingueDeToi. « Beh, il est pas dans le coin le biscuit, Fouré le biscuit ? » « Si si, je t'aligne avec mon slam... il est là bas, près de sa femme » Plutôt sympa le GCM, toujours aussi doué apparemment! Finalement, nous le trouvâmes aux WC alors que deux piliers d'axe se libéraient de leur bière sans même user de leurs mains. Mister Biscuit ne put s'empêcher de déshabiller l'un des deux rugbymans, « pour montrer la raie du man » expliqua t il par la suite. Malheureusement, ti' biscuit ne savait pas encore que les piliers de ce genre n'ont pas le plus développé des humours... Accroché par le second au col, l'autre le menaça du poing « Mate pas mon boule ou je t'en mets un » tout en l'agitant comme un hochet. Finalement, de l'humour, ils en avaient un peu ces deux là. Fouré Eltoro en fut quitte après que les spectateurs se soient concertés avec ces deux gaillards. L'évier bouché, en arrière plan dans cette scène, fut rapidement maîtrisé par l'homme de main du grand manitou du Curu. Il est nécessaire de préciser qu'Eltoro a, un temps, confondu le lavabo empli de vomi avec le récipient à punch, proposant des verres à l'ensemble de son plus proche entourage, quelles retrouvailles ! Alors que Mister Lova Lova venait de faire la rencontre de Mlle SaintCleavage, les sorties dans le jardin se multiplièrent, les expéditions nous menaient de plus en plus loin, nous repoussions chaque fois plus les limites dans l'obscurité, jusqu'à atteindre l'objectif, le bout du bout, le fin fond du fond, le coin tranquille pour parler plus simplement. Et dans un coin tranquille, eh bien tout est possible... le Dsavd a donc tout naturellement repris ses droits : nos têtes ne furent plus à partir de cet instant vraiment les nôtres ! C'est d'ailleurs dans cet endroit reclus de tout que nous fîmes tardivement la rencontre de l'acteur comico-théatro-schizophrène Sham le Grand, emporté par notre élan dans un numéro de plus d'une heure. Au final et jusque dans la navette du retour, nous ne le reverrons plus dans son état normal. A la suite de cette épopée en extérieur, nous revînmes à l'intérieur afin de nous déhancher sur le dancefloor, de déchaîner les foules et de participer à l'euphorie générale. Enfin, il fut l'heure de partir et de retrouver nos chaumières. On se retrouva face au vestiaire, les uns plus pressés que d'autres de partir. Lova dit au revoir à la gracieuse Mlle SanCleavage, deux fois pour en être bien sûr. Dehors, Tonio Delabrigado fit la connaissance de Monsieur Patate, qui au lieu du nez, avait une véritable convolvulacée ensanglantée, et en trois morceaux selon les plus proches témoins, du moins deux, à coup sûr. Nous montâmes dans la navette, fîmes le chemin inverse, et de St Renan, nous regagnâmes le territoire des droits, désormais beaucoup moins hostile qu'à notre arrivée en fin d'après midi, la veille.

Depuis le car spatial, nos souvenirs nous conduisirent jusque l'antre de notre informateur Gap&Stop. Delabrigado ne put s'empêcher d'ouvrir la vodka et d'en gaspiller quelques bolées. La nuit fut pénible. Une fois levé pour se rafraîchir avec une eau affreusement contaminée, Mr Lova Lova se fit voler sa place par le cruel Sergent chef Delabrigado, ça ne fut qu'en vain qu'il essaya de retourner la situation à sa faveur. Il décida par conséquent de dormir tête sur table, pour au final ne pas dormir du tout, merde ! Réveil latent pour M. Gap&Stop et Tonio, alors que depuis plusieurs heures Lova se demandait quoi faire. On reprit le saint liquide, et nous regagnâmes le bolide Allemand à la robe blanche éclatante de Sir Lova. Nous avions besoin de manger des pâtes...

Voilà de quelle façon a pu se dérouler cette soirée enchanteresse, pleine de rencontres et de punch, de rires et de bières. Une expérience fortement enrichissante en tous les cas.





Bonus : une partie de ce qui composait le brouillon de ce récit, à l'état brut, et issue d'une discussion philosophico-émotionnelle autour de la maternité.

Les mamans qui frottent la bouche avec leurs doigts dégueux. (laissons l'imagination de tout un chacun faire le reste)

Les mamans rasent leurs fils la nuit, si si, juste derrière le mollet, suffit de regarder, il s'agit en fait d'une pratique ancestrale qui ne s'est pas perdue avec les millénaires. Le mystère est percé : c'est gagné !

En conclusion, comme dirait ta maman : « Fiston, si un méchant garçon lève la main sur toi, tu serres les fesse et tu chiales ! »

# Posté le samedi 14 février 2009 04:56

Croix de fer

Croix de fer
Ils marchèrent toute la journée durant, rien ne devait changer, ils resteraient ainsi, leur proximité leur assurant le renouvellement d'émotions nécessaires à leur vie. Le vent balayait ses longs cheveux, de brusques rafales les faisaient se lever jusque son visage. Mais non, ils se mentaient car plus rien ne les liait, ils avaient grandi différemment, ils n'avaient plus rien partagé jusqu'à se retrouver aujourd'hui, l'un à côté de l'autre, se fixant tendrement.


Il a mal, seul et en silence il souffre mais ne communique pas, halète autant qu'il peut, face contre le sol. Il se terre ainsi depuis des heures, regrettant d'avoir failli à sa mission. Il n'y a pas de sang, pas d'os brisés, pas d'arrêts cardiaques, ça n'est pas une mort physique. Et il regrette et couvre de ses peurs tous les maux qu'il n'a pu empêcher d'être commis, il était là mais ne pouvait agir car encore trop faible, comment eut-il pu aider si en défaut de moyens ? Il a vu, il a vu et entendu toutes ces souffrances humaines jaillir de toutes parts alors qu'il n'était que trop jeune, ça n'était pas son rôle que d'assumer la peine des autres, le massacre des uns, et la vengeance des autres. Lui ne demandait rien, à personne, peut être seulement de se trouver seul, une fois pour toute, voilà pourquoi maintenant que tout cela vient de prendre fin, même s'il se trouve dans un accablant état de souffrances, il reste éloigné de tous, dans la seule perspective de ne plus être confronté qu'à soi même. Mais son réveil n'est pas le même, car ce qu'il ressent désormais n'a plus la forme d'un songe, ce qu'il exprime ne correspond aucunement en un enchaînement de paroles, non, lui aussi agit à présent, il agit à son tour, il sera le prochain, seul et damné par tous, seul et face à lui-même.

Les larmes de ses désirs n'ont dorénavant plus le même goût, l'obséquiosité de sa pensée y mêle amertume de la raison et désarroi. Il n'est coupable de rien, si ce n'est d'avoir été là, présent en ces instants, emprisonné au sein de cette bâtisse, dépérissant au gré des barbaries commises devant ses yeux (éhontés).


Je suis homme, tout comme toi. J'ai vécu de telles choses que tu n'aurais pas pu y survivre. Je suis homme, mais je n'obéis qu'à mes instincts, je suis une bête humaine, un esprit sanguinaire aux appétits permis par l'emploi coordonné de certains muscles et pas d'autres. Je me nourris de la peur, des plaintes et des horreurs, je suis l'atrocité incarnée, représentée par de la chair et du sang, et je m'en vais répondre de ce que l'on m'a fait subir alors que je n'étais encore qu'une âme sauve de toutes abominations.


Il lui lâcha la main, sachant désormais que tout ne pourrait que plus les éloigner. Elle restait immobile, plongeant son regard dans le sien, ses cheveux toujours fouettés par les bourrasques de vent. L'Autre, la troisième personne à leur côté, ne pouvait s'empêcher de rire, il était tellement facile d'assurer sa succession en ces jours ci, les esprits s'affaiblissant à mesure que les siècles passent.

# Posté le dimanche 14 décembre 2008 20:07