La rouge pensée

La rouge pensée
Tableau de Francis Bacon, Figure with Meat



Noir. Tu aimes le noir? Non, je préfère le rouge: le noir dans ses bras m'enserre, alors que le rouge de ma foi me libère. Au fond du gouffre le noir, autour, le rouge.



Est-il bon de changer, lorsque l'on ne sait pas où cela peut nous mener? Est-ce pire encore de savoir sa métamorphose accomplie sans même s'être rendu compte du processus? Point de papillon sans chrysalide, nulle ride aucune sans rédemption. Nul déguisement, nul accoutrement, nulle façon d'être ne devrait le travestir d'aucune manière, et pourtant il se sait autre, il se sent extérieur mais intérieur, responsable tout autant qu'irresponsable. Hurlement silencieux, étouffé avant même de s'être dévoilé, et pourtant si envieux, avide de se répandre, de se déverser dans les airs accidentés pour enfin se manifester, à la révolte mener sa cohorte d'espoirs.

Tu me crois fou, je me veux honnête, ne dissimule aucune hypocrisie derrière son mal être. Je te dis frêle, tu caresses tes joues et dissimules ta peine. Regarde cette coccinelle, alarme, qui persévérante se promène, affrontant larmes et talion du bout de sa chaîne.

Et je m'étends plus profondément dans ces abîmes. Tu t'accroches à ce déguisement pour mieux m'y envoyer. La chute s'exécute, rude, alors que de ce déguisement tu te vêtes, ça n'est plus moi que tu blesses. Ivres de ces faiblesses, ainsi est l'ivresse qui nous mènera à notre perte. Ivre de ses faiblesses qui l'entravent et l'enclavent.



Rouge. Tu aimes le rouge? Non je préfère le noir: le rouge dans ma rage m'accomplit, alors que le noir de ma foi me pervertit. Aux abois de la nuit le rouge, ensuite, le noir.



# Postato giovedì 24 dicembre 2009 03:01

Modificato giovedì 24 dicembre 2009 03:14

Soumission à mon autorité

Soumission à mon autorité


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Fragile est la branche qui soutient à elle seule toutes mes lourdes et grossières pensées, brutes, pleines d'aspérités, primitives et à la limite de la bestialité. Quelques mots déjà côtoyés qui se retrouvent inscrits pour décrire un passé dont je n'arrive pas à m'accorder. « Gouverné par les contradictions, dominé par l'excès, empereur de l'instabilité. » Instables, des pensées instables qui ne cessent de se balancer de part et d'autre de cette branche, pèsent de tout leur poids dessus et lui imposent le plus lourd fardeau qu'il leur soit donné de composer. Il est regrettable que je ne puisse me défaire de ces propres contradictions, lorsque l'absurde les appose à ma raison, et d'ailleurs, en suis je pourvu, de raison? N'est ce pas là la preuve que je ne suis même pas maître de mon propre être, incapable de me raisonner dès lors que des forces indignes forcent l'entrée de mon entière pensée?

Et tous ces mots qui s'entrechoquent au plus profond de moi, brouillant de part et d'autre toute capacité à objecter l'infâme.

Mais à quoi donc m'attendais je? A trouver l'inaltéré? A tout un chacun son passé, un passé dont l'on doit s'accorder à moins que l'on ne veuille s'occire soi même, déchiré, tourmenté à force de saigner de tout son c½ur pour ne pas avoir été là, pour ne pas avoir accompagné ce temps désormais perdu, vaincu par le temps qui ne laisse aucune chance, jamais, au présent. L'espoir d'un rêve égoïste, le vouloir de ne pas être ou devenir cet objet issu d'un passé inachevé. Monstrueuses et impitoyables pulsions qui tenaillent et manipulent la volonté de l'individu d'ores et déjà dépassé, à demi vaincu car trop faible, assurément infirme, amputé d'une compétence nécessaire, dépourvu d'une habilité accordée à d'autres mais pas à lui.

Cet individu ne se ment pas, il gâche le temps, il le gâte et le corromps; il est fauteur, d'où il est coupable de ses propres maux, même si par production inconsciente. Je devrais m'évertuer à embellir ce temps, l'enrichir, l'orner de mille bonheurs, plus simplement en jouir à sa juste valeur, puisque qu'il en regorge tant, ce temps ensorcelant et piquant, d'instants exquis.

Rage, rage et colère savent y faire, rage et colère sont maîtresses de ma peine, en sont reines, de cette peine non désirée et pourtant si brutale, si vile et malsaine, fausse. Victime de moi même, victime de mon être penseur.

A la recherche de l'unique, à la recherche de l'inaltéré. Et ces mots qui se répètent, ces mots qui devraient être les plus importants et qui pourtant se retrouvent expression de ses sentiments dépassés. « Fais un rêve et je m'en irai te rejoindre, mais pas n'importe lequel, non, le plus beau des rêves, qui dure une éternité, celui où je peux me réveiller à tes côtés. » Quelle valeur désormais? Quelle valeur attribuer à ces mots une nouvelle fois adressés, et qui néanmoins dépeignent un sentiment révolu et désormais quasi renié? Suis je un renouveau, l'esquisse d'un futur envisagé? Suis je le résultat d'un brouillon antérieur, une simple répétition? Quelle valeur désormais, quelle valeur?

Les regrets s'amoncellent devant ce trop plein de culpabilité reconnue: je suis fautif, fautif car victime d'aucune autre agression que celle qu'est la mienne, victime d'un excédent d'haïssables pensées.


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# Postato giovedì 17 settembre 2009 19:10

A perfect Shoegaze

A perfect Shoegaze



Lui vivait une vie ordinaire, nue de toute agitation. Un job sympa, des amis, une bagnole... parfois sur la vague, parfois dans le creux, mais il ne s'était jusqu'à présent jamais noyé.

(Étendu au milieu d'un 9m², son esprit vagabonde...)

Elles se sont éprises de lui.
Enivré, il fut incapable de s'en détacher.

(Une chétive et timide lumière qui laisse la pièce dans une certaine pénombre, comme si elle-même, s'enfouissant sous des monts d'obscurité, refusait de demeurer enfermée en ce lieu hostile, entre ces quatre murs, où des barreaux cernent les fenêtres et dissuadent quiconque d'entrer ou de sortir.)

L'une d'elle s'appelait Anna, belle.

(Belle comme cette femme qui frappe à la porte, frêle silhouette au devant d'une massive et lourde porte en bois. Ses mains, fines, ont l'air si douces.. même lorsqu'elle brandit cette seringue afin de lui en injecter l'abject liquide dans son sang.)

L'autre, impalpable, s'est insinuée dans son c½ur, dans sa sueur, dans son âme et dans ses larmes...

(Les murs s'écartent peu à peu, alors l'horreur lui laisse de la place pour respirer. Son visage, serein, s'agite, une infinité de spasmes le secoue en tout sens. Son corps s'enfonce doucement dans un océan sans fond, l'obscurité n'est plus si désagréable, mieux, cela irait presque jusqu'à lui plaire. )


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Un rêve éveillé pendant des mois, une volupté touchée : une succession d'instants fauchés par un entier sentiment d'allégresse, peut être tout simplement la sensation d' exister avec Anna.

(Puis il se sent mieux, du moins différent, autre, comme si son esprit subissait soudainement une brutale décélération cérébrale, l'évacuation d'une sorte de poids neurosensoriel, illusion transitoire.)

Pendant ce temps, la chose accomplit sa tâche, modifia ses codes, le posséda ; il ne fût bientôt plus qu'un vulgaire pantin, qu'un marionnettiste, aux doigts agiles, s'ingéniait à commander. Dès lors, il ne vit plus qu'elle.
 


Oh, it's called love
And it belongs to us
Oh, it dies so quickly
It grows so slowly
But when it dies, it dies for good
It's called love
And it belongs to everyone but us
It's called love
And it cuts your life like a broken knife


(New order)
 
 

(Cela fait aujourd'hui trois mois qu'il a posé ses valises dans ce centre de reprogrammation de santé mentale. Son boulot l'a finalement lâché, son appartement l'a laissé sans toit, lui fermant ses portes, sa femme ne l'aime plus, dans quelque sens que ce soit. Il essaie tant bien que mal.)

Des jours durant, des jours durant il a erré sans véritable but, si ce n'est celui de marcher sans jamais réussir à savoir vers lequel il pourrait se diriger. Puis, lui a fini par trouver une nouvelle résidence, un nouveau lieu protecteur vers lequel se diriger, en contrebas. Ses fenêtres, à travers desquelles il se voyait déjà, semblaient minuscules et, bien que cette demeure lui soit parue extrêmement lointaine, il ne put s'empêcher de la trouver rassurante. Là haut, les deux pieds bien à plat, à même la balustrade d'un pont, il n'hésita pas.
 


Now I know the perfect kiss is the kiss of death

(New order)




By Headmaster-B & Titius

# Postato venerdì 21 agosto 2009 10:19

Modificato domenica 23 agosto 2009 20:01

When I was a Tool 51° [partie 2]



Nouveau départ? Non, simple reconnaissance. Nous nous aventurons et apprivoisons, apprenons. Et puis l'on se rend compte que ça n'était peut être pas le bon instant, juste celui où un objet trop lourd nous déchiquète en nous tombant dessus, celui où l'on se sent sûr de soi et fort, trop fort pour être soi.. Nous grandissons et apprenons, nous devenons toute autre personne, sans parfois réussir alors à se reconnaître, le verre encrassé du miroir de l'âge n'est pas sans faille, elle non plus. Une autre personne, pourtant il ne se sent pas mieux, ne se sent pas plus mal non plus, juste autre, hagard et différent, hagard car différent. L'autre, celui que je ne connaissais pas encore, que je ne connaitrai alors plus.

Le temps, ce temps qui nous suit et file sur nos arrières pour mieux fondre sur nos devants, pour ne jamais nous quitter.. Ce temps, à jamais notre compagnon, facteur de nos souvenirs, facteur de nos vies.

Nous ne changeons pas, nous restons à jamais les mêmes, violents, acerbes et cruels, prêt à tout pour ne pas changer, un jour.. un jour peut être changerons nous, un autre jour.


Une première fois, une première fois.. suis je coupable de la moindre des choses? Elle me tire vers l'arrière alors que non, jamais, je n'aurai pu plus souhaiter aller de l'avant. Aussi suis je cet être parmi tant d'autre, aspiré comme le reste, happé dans la géante bouche d'un si cruel amour? Un être qui ne vaut pas, qui ne se distingue en rien de cette masse grouillante et informe, purulente de conformité, d'une odieuse harmonie? Le spectre d'une relation, infecte abomination!


Je suis, oui je le suis, ce songe en devenir, celui qui peut être aura réussi à faire réfléchir. Un outil (*), voilà donc ce que je suis, un outil usé, de coups roué, hurlant et vociférant sous le poids de la masse qui sans cesse l'écrase.


When I was a Tool 51° [partie 2]

# Postato martedì 04 agosto 2009 20:25

When I was a Tool 51° [partie 1]

When I was a Tool 51° [partie 1]


Je dors. Je dors mais je respire, délicate satiété existentielle. Je m'offre ainsi à la vétusté de mon être intérieur, autant dire que si murs il y a, ce ne sont plus que les tristes lambeaux de ses peurs. Je dors mais je vois. Ce ne sont pas mes yeux qui observent, mais cet inconscient si hâtif et pressé qu'il en oublie de juger.

Et juger de quoi? Il se sent coupable avant que d'être victime, il se sent triste avant que d'être heureux. La victime heureuse, voilà que s'illustre l'accalmie des sens, de mes sens. Au fond, je ne quémande rien de plus que la fatigue, celle qui me poussera à accepter sans jamais m'interroger, celle qui saura faire de moi cette victime heureuse, touchée par la grâce, qui ne n'est alors plus rien d'autre qu'une jouissive débilité.

La complexité des raisonnements auxquels je m'offre tout entier, sûrement trop entier, déchire une par une les fines lamelles de mon existence, jusque broyer sa carcasse en charpie . Alors que certains ne voient que ce qu'ils désirent voir, d'autres subissent leur pleine incapacité à dominer leur volonté. Maître de nulle chose, maître de rien si ce n'est de son corps, les réflexions se veulent libres de toute autorité.

Je ne suis libre de rien, mon corps n'est que le simple et occasionnel outil (*) de ma pensée, mûre d'un trop plein de travaux abstraits. Il lime sa ligne de conduite, il la ronge, elle cède mais l'entraîne avec elle, lui qui s'était d'ores et déjà assis dessus.


Mais suis je cette folie? Il agit sur son environnement sans songer à sa propre nature, indélicate attention, impie car cruelle, ou bien fautive, car non souhaitée.


Je dors. Néanmoins, je m'éveille au milieu d'une mer d'étoiles. Il devrait avoir le courage de s'avouer vaincu, celui qui n'a plus d'autres solutions que de réfléchir à son sort, de se soustraire à son tort.

Douce réalité, tout cela n'était il qu'un songe? Alors laisse moi y retourner. Je m'y complais, je veux m'y noyer, sentir ma dernière inspiration avant que je n'amorce ma blâmable plongée, sentir ce souffle qui me manque et tes yeux m'observer.



# Postato martedì 04 agosto 2009 20:21